Le long XVIII e siècle fut marqué par l’irrépressible soif de distinguer, de codifier, de tracer des frontières et des limites. Peu à peu, les modèles culturels de la Renaissance furent réduits à des systèmes de classification et de surveillance ; dans la foulée, les révolutions scientifiques contribuèrent à l’ordonnancement des connaissances, de même qu’à la création de catégories et de taxonomies définitives. De la même façon,
les paysages naturels furent bientôt conçus comme des espaces clos, voire délimités par des entraves et des frontières coloniales. Par ce geste, on traça les signes visibles de la propriété foncière et de l’autonomie, tout en jetant les bases des définitions « scientifiques » de la race et du genre.